La vente à emporter à Mons-en-Barœul, aux portes de Lille
Le nom annonce un relief, et dans une plaine du Nord c'est déjà quelque chose : Mons-en-Barœul, c'est « le mont sur le Barœul », une bosse assez modeste pour qu'on la manque en voiture et assez nette pour avoir donné son nom à la commune. Vingt et un mille habitants y vivent aujourd'hui, collés à Lille au point qu'on passe de l'une à l'autre sans s'en apercevoir.
Un mont, un fort, et une ville dessinée
La bosse a d'abord servi à autre chose qu'à nommer la commune. Entre 1878 et 1880, on y bâtit le Fort de Mons, l'un des ouvrages de la ceinture défensive conçue par le général Séré de Rivières autour de Lille. Il n'a jamais eu à servir, et il est aujourd'hui un équipement culturel : c'est la trajectoire la plus enviable qu'on puisse souhaiter à une fortification.
Le reste de la commune s'est construit beaucoup plus tard, et d'un seul geste. Le quartier des Sarts sort de terre entre 1954 et 1959, puis une zone à urbaniser en priorité de quatre-vingts hectares est lancée en 1965, dessinée par l'architecte Henri Chomette, avec les Tours de l'Europe pour signature. En quelques années, une commune ancienne s'est vue doubler d'une ville neuve, plans à l'appui, avant d'être largement remaniée par la rénovation urbaine des décennies suivantes.
Là où le commerce a été placé, pas déposé
C'est la conséquence la plus concrète de cette histoire, et elle vaut d'être dite clairement. Dans une ville dessinée, le commerce n'a pas poussé le long d'une rue, il a été positionné. On y trouve donc des polarités - un groupe de boutiques ici, un autre là, un marché, un centre - plutôt qu'une grande rue commerçante continue où l'on flâne de vitrine en vitrine.
Cela change une chose et une seule, mais elle est décisive : on ne tombe pas sur un commerce par hasard. Il faut savoir qu'il existe. Une boulangerie au pied d'un immeuble sert admirablement les trois cents personnes qui passent devant chaque matin, et reste inconnue de celles qui habitent quatre rues plus loin. C'est la situation de beaucoup de boulangeries et de commerces de bouche ici, et elle ne tient ni à leur qualité ni à leurs prix.
La desserte n'arrange rien, ou plutôt elle déplace le problème. Trois stations de la ligne 2 du métro desservent la commune, ce qui est considérable pour vingt et un mille habitants : on se déplace vite, on descend, on remonte, et le trajet quotidien passe par des couloirs plutôt que par des trottoirs. Vous pouvez habiter ici des années sans avoir jamais vu la devanture d'un primeur qui se trouve à six cents mètres de chez vous 🚇.
Vu du comptoir, la contrainte est la même dans l'autre sens. Un commerçant installé dans un îlot travaille une zone de chalandage de quelques centaines de mètres, sans le passage qu'une rue commerçante apporte gratuitement. Sa croissance ne dépend donc pas d'être vu, mais d'être connu, et c'est une différence de nature : la première se joue sur la devanture, la seconde sur ce qui se dit et se cherche avant de sortir. C'est très exactement le trou que Heustach vient combler, et vous en profitez autant que lui.
La brune du coin
Il y a pourtant une chose que tout le monde connaît sans savoir qu'elle vient d'ici. La brasserie Pelforth est installée à Mons-en-Barœul, et la brune qu'elle produit se boit dans toute la France sans que grand monde puisse dire où elle est brassée. C'est un héritage industriel qui en dit long sur la commune : le textile d'abord, la bière ensuite, et aujourd'hui des sièges d'entreprises qui emploient loin au-delà des limites communales.
Cet héritage se retrouve au comptoir. Les cavistes du Nord accordent à la bière la place que d'autres régions réservent au vin, avec les mêmes discussions sur les brassins, les amertumes et ce qu'il faut servir avec quoi 🍺. Un bar à bières nous racontait sa manière de choisir, et le raisonnement voyage : une sélection se conseille, elle ne se devine pas devant un rayon quand vous avez trente secondes pour choisir.
Commander à Mons-en-Barœul, puis passer prendre
Le principe tient en trois gestes. Vous choisissez chez un commerçant de la commune ou des environs, vous réglez en ligne ou en caisse selon ce qui est proposé, puis vous passez récupérer à l'heure convenue. C'est tout ce qu'Heustach fait, et c'est volontaire. Aucun intermédiaire ne s'interpose et aucune commission ne gonfle l'addition. Et si le commerçant propose en plus de livrer lui-même, c'est lui qui en fixe le tarif et qui l'encaisse en entier.
Dans une commune où les commerces sont groupés en îlots, l'intérêt n'est pas d'abord de gagner du temps : c'est de savoir qu'ils existent. Une vitrine en ligne fait le travail que la rue ne fait pas ici, celui de montrer ce qu'il y a et à quelle heure. Le temps gagné vient après, et il n'est pas négligeable : vous descendez du métro, vous passez prendre, vous rentrez, sans avoir attendu ni découvert que c'était fermé. Vous choisissez votre créneau, et vous ne subissez pas celui de la file.
Pour celui qui vend, c'est le même geste vu de l'autre côté du comptoir, et c'est le pari d'Heustach : une vitrine en ligne sans abonnement, sans engagement et sans frais d'inscription, facturée 0,25 € HT par commande payée en ligne et rien du tout quand le client règle en caisse. Le commerçant garde ses clients au lieu de les louer, et notre page commerçant l'explique poste par poste. Vu du côté du client, le calcul est encore plus simple.
Une commune qui a été dessinée sur un plan sait qu'un bon emplacement ne suffit pas si personne ne sait ce qu'on y trouve. Reste à voir ce qui se prépare au pied de votre immeuble, et cela se vérifie en deux minutes.

